9 Crimes

Je poste aujourd’hui un nouveau morceau ; il s’agit de « 9 Crimes », de Damien Rice. Désolée pour le mauvais son, mais j’ai dû l’enregistrer deux fois pour les deux voix. J’espère que vous aimerez. Et j’écris un texte très vite, promis !

 

Publicités

Auxiliaire

L’avoir :

Quel étrange personnage, accessible et dédaigneux à la fois, grand et tout petit à la fois, homme et femme à la fois. Quel caractère injuste et égoïste, indépendant et déloyal.

Il n’a de doigts que pour s’agripper à ta peau nue, ombre dévoratrice de toi. Ses ongles, noirs d’avidité, te pénètrent jusque dans tes veines. Ses yeux envoûtent et avalent ta vue ; il joue avec ta vie.

Souple et léger comme une bise, il s’infiltre dans tes chaussures et sous ton chapeau. Sa voix douce et apaisante te parle tout bas dans le creux de l’oreille. Il te promet merveilles, et toi tu t’émerveilles.

Tu ne remarques pas l’Être qui s’évanouit, asphyxié par le poids du nouveau. Tu regardes autour et tu en vois d’autres, tout comme toi, et tu disparais dans la masse, et tu te dis que tu fais juste.

Désormais, tu ne t’habilles plus qu’en Avoir, tu ne te saoules plus qu’à l’Avoir, tu ne parles plus que d’Avoir.

Pauvre petit Être, tu te trompes. L’Avoir te prend tout, saccage tout, pille tout, dévore tout. Tu crois avoir ? C’est l’Avoir qui t’a.

Brûler d’amour

(Ce texte a été crée en 2005)

      C’est l’histoire d’une cigarette, très ordinaire, dans un paquet de cigarettes, très ordinaire. Mais cette cigarette là était dans le paquet d’un homme très méchant. Elle avait très peur qu’il lui fasse du mal et qu’il ne l’apprécie pas à sa juste valeur. Alors, elle décida de s’enfuir. Mais comment faire ? Elle dessina sur sa hanche une fissure, et quand le méchant homme voulut la fumer, il crut qu’elle était déchirée et la jeta.

      Et un jour, après plusieurs années (les cigarettes ne sont pas biodégradables), un mendiant la ramassa. Elle était dégoûtée parce que le mendiant n’avait pas pris sa douche depuis longtemps, et il puait l’alcool. Alors quand le mendiant voulu l’allumer, elle souffla de toutes ses forces sur le feu. Découragé, il la jeta, lui aussi.

      Puis un jour, le vent la pris dans ses bras et la déposa au quatrième étage d’un immeuble. Là, un garçon très doux la ramassa, et la posa entre ses lèvres. Elle n’avait jamais rien connu d’aussi beau. Il l’alluma très tendrement et elle se laissa faire. Elle savait qu’il l’appréciait ; elle sentait qu’il la savourait.

      Elle l’aimait. Mais le savait-il ? Elle lui donna tout ce qu’elle avait en elle, elle le laissa toucher à tout ce qu’elle avait de plus profond. Elle lui fit l’amour de tout son corps enflammé, de tout son cœur de braises.

      Puis son âme s’installa en lui pour l’éternité, alors que son corps était devenu cendres.

Kiki et Coco

(Ce texte a été crée en 2005)

L’histoire que vous allez lire est une histoire merveilleuse. J’espère que vous allez la comprendre, malgré mon léger bégaiement.

       Kiki et Coco avaient bien du mal à co-correspondre. Ils vivaient dans deux pays différents et tous les moyens de co-communication n’étaient pas à la hauteur de leurs attentes. Néanmoins, ils avaient réussi à construire une relation é-ki-kilibrée. Il se trouvait qu’ils étaient en parfaite co-communion mentale, émotionnelle et affective.

      Ce n’était pas facile tous les jours parce que malgré cette entente spirituelle, ils ne pouvaient pas être ensemble physiquement, concrètement. Toute la partie des sens n’existait que dans leurs rêves, leurs espoirs : Ils ne pouvaient pas se voir, se regarder… Ils ne pouvaient pas s’entendre, s’écouter… Ils ne pouvaient pas se sentir, se respirer… Ils ne pouvaient pas se goûter, se savourer… Ils ne pouvaient pas se toucher, se caresser…

      Toute la dimension co-corporelle représentait pour eux un but, une finalité vers laquelle ils avançaient, chacun sur un chemin, en sachant qu’un jour, les deux chemins allaient être un. Puis ce jour est arrivé. Au moment où leurs regards se sont croisés, leurs co-corps se sont attirés co-comme par magie et ils se sont co-collés l’un à l’autre pour l’éternité. Depuis, ils restent à co-coté l’un de l’autre et rien ni personne ne peut les séparer.

      Pour rattraper le temps perdu, ils ont co-copulé pendant des semaines. Et un jour, Coco n’était pas bien é-ki-kipé et Kiki est tombée enceinte. Le bébé, ils le gardaient. Puis, lors d’une é-co-co graphie, ils ont découvert que dans le ventre de Kiki se cachaient deux jumeaux aussi identiques que deux a-co-collades ; une fille et un garçon.

      Au bout de neuf mois, les bébés sont nés. Co-coralie et Ki-kimmi sont venus au monde. Coco, Ki-kimmi, Co-coralie et Kiki sont allés vivre dans une grande maison avec un grand jardin, située au sommet d’une co-colline, loin des co-commérages de la ville.

      Ils firent un élevage de co-cochons et de ki-kiwis. Mais ils devaient encore donner un nom à cette maison. « Co-coki-kille » était le nom ki-kil fallait. Il exprimait bien leur besoin d’être à jamais en fusion totale l’un avec l’autre, en complément avec leurs enfants et en parfaite harmonie avec leur environnement.

      Leur « Co-coki-kille » fut leur refuge, leur amour, la concrétisation d’un rêve, d’un toujours.

Au fait, je m’appelle KikiEt mon co-copain s’appelle Coco.

Histoire des nains

( Ce texte a été crée en 2005)

            Ce matin, un nain bécile qui se prenait pour un nain portant m’a draguée pendant que je prenais mon nain manquable bus pour aller vers une nain terminable journée de cours. Il m’a parlé de son in nain téressante vie pendant un nain stant avant de me demander si je voulais bien nain tégrer son lit. Je lui ai fait un nain posant regard pour bien nain terrompre son nain décent discours. Mais son nain capacité à se taire a fait que mon nain stinct prenne la relève et que mon nain pulsivité prenne la place de mon nain telligence. Je lui ai foutu un coup de pied dans son nain timité, je lui ai crié qu’un nain dividu était déjà dans ma vie, qu’il s’appelait VI (pour un nain time Coco), et qu’il faisait de ma vie un nain croyable voyage au creux du bonheur. Puis je me suis sauvée avec une nain trigante pensée dans ma tête… Je suis    peut-être amoureuse…

            A suivre…

            Mais si tu es un nain patient, tu peux toujours imaginer la suite…

Dans le bleu des yeux

Une fois, elle se retrouva face à elle-même. Elle se regarda évoluer dans ce monde si étrange et se demanda quel rôle elle devait y jouer. Devait-elle être l’amante de tous ces hommes qui hantaient ses nuits, ou n’appartenir qu’à un seul ? Devait-elle danser toute la nuit sur ces rythmes envoûtants et célestes, aérienne et libre ? Devait-elle poursuivre ses pas sur ce chemin qu’avaient emprunté ses jambes dans un élan spontané ? Devait-elle être celle qu’elle était, ou une autre ?

Elle avait commis maintes erreurs, elle le savait. Elle avait brisé des cœurs, eu le sien brisé à plusieurs reprises. Mais elle continuait d’avancer, parce que s’arrêter en plein mouvement lui était impossible. Elle continuait de mettre un pied devant l’autre et fermait les yeux quand il lui était trop difficile de voir.

Quand elle tombait, sa chute semblait durer des éternités. Puis au sol, poussiéreuse, haletante, à bout de souffle, elle s’appuyait sur ses mains, se relevait, se dégageait le visage de ce brouillard de larmes et continuait, en laissant quelques morceaux d’elle derrière.

Une fois, elle se retrouva face à elle-même. Se regarder évoluer dans son propre monde est une étrange chose.

Mais à ce moment précis, nous étions deux à porter les cicatrices du passé et le poids des souvenirs n’était plus si lourd. Elle me prit par la main, me regarda dans le bleu des yeux et bailla.

Je baillai aussi, et pendant ma longue et profonde inspiration, elle s’agrippa à ma lèvre inférieure et s’introduisit doucement dans ma bouche, puis en moi.

Je suis celle que je suis, et mon chemin est le mien. J’y ai laissé des traces de pas et des morceaux de moi. J’y ai chanté et j’y ai pleuré. J’y ai dansé, aérienne et libre. J’y ai aimé, de toute la force dont un cœur est capable d’aimer.

Éphémère

IMG_0375

Dans une clairière parsemée de fleurs, je me promène. Des elfes sautillent à mes pieds et accompagnent mes pas encore hésitants. Les herbes dansent sur la mélodie du vent. Les arbres gonflent leurs poitrines et soupirent leur paix. Ils rayonnent, verdoyants, et explosent de sérénité. Les fleurs chantent leurs couleurs qui se mêlent et s’entremêlent, passionnées, sensuelles.

Le soleil tend ses rayons vers moi ; ils enveloppent mon corps de chaleur ; ils pénètrent ma peau et lient mon être au sol qui accueille mes pieds nus.

Je m’assois derrière une pierre qui m’appelle ; elle soutient mon dos et me propose un voyage. Je joue avec la Terre ; j’enfonce mes doigts dans le sable chaud et moite, je caresse les marguerites. La tête relevée vers les cieux, un nuage m’offre une goutte d’eau. Arrivée au niveau de mon regard, cette goutte ralentit son mouvement et j’y découvre toute la lumière du monde. Elle se pose sur ma jambe et trace son chemin vers la Terre, son enfant.

Puis je me sens fondre dans le sol ; je me sens intégrer la pierre. Je me sens si légère. Mes extrémités ne sont plus ; les frontières de mon corps ont disparu. Mes cinq sens laissent leur place à une sensation jusque là inconnue, la sensation de n’être plus une entité, mais de faire partie d’un tout. Je ne pense plus en mots ; je sens.

Je ne suis plus. Je suis tout.

Je suis les elfes, les herbes, la mélodie, le vent, les arbres, la paix, les couleurs, la sérénité, les fleurs, la musique, le soleil, les rayons, la chaleur, le sol, la pierre, le sable, les marguerites, le nuage, la goutte d’eau, la lumière.